Rachat du surplus solaire : la Suisse fait sa révolution en 2027, la France fait le choix inverse |
À partir du 1er janvier 2027, la Suisse change complètement la façon dont elle paie le surplus solaire injecté au réseau. Fini le tarif fixe recalculé chaque trimestre : place à un prix qui varie toutes les 15 minutes, indexé sur le marché spot européen. Au même moment, la France vient de faire strictement l'inverse : depuis juin 2026, un tarif unique et fixe de 1,1 centime d'euro par kWh, quelle que soit l'heure, la saison, ou la puissance de l'installation (jusqu'à 100 kWc). Deux pays, deux philosophies opposées, sur le même problème. Ça vaut le coup de comprendre pourquoi. |
Ce que change vraiment la réforme suisse |
Concrètement, le kWh injecté à midi en plein été (quand tout le monde produit en même temps et que le réseau est saturé) pourra valoir très peu, parfois même zéro, voire négatif dans les cas extrêmes : le producteur paierait alors pour injecter. À l'inverse, le kWh injecté un soir d'hiver, quand la demande est forte et le solaire rare, pourra valoir nettement plus que le tarif actuel. |
Un garde-fou existe pour les petites installations résidentielles : si le prix moyen sur un trimestre descend sous 6 centimes/kWh, une compensation est appliquée pour éviter que les particuliers ne soient totalement à la merci du marché. Certains distributeurs locaux (Genève, Lausanne, Neuchâtel) ont d'ailleurs choisi de garder un tarif fixe malgré la réforme nationale, preuve que rien n'est figé dans le détail. |
L'objectif affiché est clair : inciter les propriétaires à consommer ou stocker leur surplus au bon moment, plutôt que de tout injecter au réseau sans réfléchir au timing. Un système qui récompense ceux qui pilotent leur consommation, et pénalise ceux qui n'y touchent pas. |
Pourquoi la France a choisi l'inverse |
Le raisonnement français est différent : simplicité et lisibilité avant tout. Un seul chiffre, valable toute l'année, facile à comprendre pour n'importe quel particulier qui installe des panneaux. Pas besoin de suivre un cours de bourse de l'électricité pour savoir combien on va toucher. |
Le revers de la médaille : ce tarif plat n'incite à rien du tout côté vente. Que vous injectiez votre surplus à midi en plein soleil ou un soir d'hiver, vous touchez exactement la même chose, 1,1 centime. Aucune raison financière, donc, de chercher à optimiser le moment précis de l'injection au réseau. Ce qui reste en revanche pleinement valable, tarif plat ou non : consommer sa production directement plutôt que de l'injecter pour la racheter plus tard, en pilotant son ballon d'eau chaude ou sa recharge de véhicule sur les heures de forte production. C'est même le seul vrai levier qui reste entre les mains du particulier français, faute de tarif dynamique. |
Qui a raison ? |
Ni l'un ni l'autre, sans doute, ou plutôt les deux à leur façon. La logique suisse (payer l'électricité à sa vraie valeur du moment) est celle vers laquelle la plupart des marchés électriques matures tendent à mesure que le solaire prend du poids et sature le réseau aux heures de pointe de production. Le choix français est plus un choix de simplicité à court terme qu'une divergence de fond : rien ne dit qu'il ne suivra pas la même trajectoire dans quelques années, à mesure que le nombre d'installations résidentielles augmente en France aussi. |
Ce que ça change pour vous, dès maintenant |
Même sans tarif dynamique en France, la leçon suisse reste transposable aujourd'hui. La vraie économie n'a jamais été de vendre son surplus (à 1,1 centime le kWh, le gain est symbolique), mais de ne pas le racheter plus tard au tarif normal, entre 15 et 25 centimes le kWh selon votre contrat. Un ballon d'eau chaude ou une recharge de véhicule décalés sur les heures de production, c'est une économie immédiate et bien réelle, peu importe ce que fait le tarif de rachat à côté. |