Il y a quelques jours, je suis tombé sur un témoignage sur un forum dédié aux arnaques photovoltaïques. Une histoire malheureusement très classique, que je vais vous raconter en anonymisant les détails, parce que le fond du problème compte bien plus que le nom de l'installateur. |
Le cas |
Un couple signe un crédit de 26 000 € chez un organisme de crédit à la consommation, pour financer une installation solaire. L'argument commercial : une "aide de l'état" de 4 900 € à venir, et des mensualités qui remplaceraient simplement leur facture d'électricité actuelle. |
Les panneaux sont posés en quelques jours. Sauf qu'il y a un problème : la déclaration préalable de travaux (DP) à la mairie n'a jamais été acceptée. Pire, elle n'a même pas été déposée avant que les travaux ne commencent. |
Deux mois plus tard, la mairie confirme ce que le couple redoutait : la DP aurait dû être acceptée avant toute intervention. Le dossier est toujours incomplet. L'installateur ne répond plus. Et les mensualités du crédit tombent, en plus de la facture d'électricité qui, contrairement à la promesse, n'a pas disparu. |
Résultat : double charge financière, sans le moindre recours identifié. |
Ce que la loi prévoit (et que ce couple ignorait) |
Voici les trois leviers juridiques les plus importants dans ce genre de situation. Je ne suis pas juriste, donc considérez ceci comme un point de départ pour se faire accompagner, pas comme un conseil personnalisé. |
1. Le crédit est "affecté" au contrat de vente |
Quand vous financez une installation solaire via un crédit à la consommation classique (Sofinco, Cofidis, Franfinance...), ce crédit est très souvent un crédit affecté, au sens du Code de la consommation (article L312-55 et suivants). Concrètement : il est juridiquement rattaché au contrat d'installation. |
Ce que ça change : si vous obtenez la résolution du contrat de vente (parce que l'installateur n'a pas exécuté ses obligations), le crédit tombe automatiquement avec. Vous n'avez pas à rembourser un crédit pour une prestation qui n'a pas été correctement réalisée. C'est l'installateur qui devient redevable envers la banque, pas vous. |
C'est une protection puissante, et beaucoup de gens dans cette situation l'ignorent complètement, ils pensent devoir gérer deux batailles séparées (contre l'installateur et contre la banque), alors que la loi les relie. |
2. La déclaration préalable, c'est à l'installateur de la sécuriser avant travaux |
Dans l'immense majorité des contrats d'installateurs solaires, les démarches administratives, dont la DP, sont une obligation contractuelle du vendeur. Commencer les travaux sans DP acceptée n'est pas un simple retard administratif : c'est un manquement contractuel qui peut, à lui seul, justifier une demande de résolution. |
Petit repère utile : la DP concerne toute installation qui modifie l'aspect extérieur d'un bâtiment (panneaux en toiture, notamment). Elle doit être obtenue avant le début des travaux, pas régularisée après coup. |
3. L'argument "vos mensualités remplaceront votre facture" mérite une vigilance particulière |
C'est l'un des arguments commerciaux les plus utilisés du secteur, et l'un des plus souvent contestés. Si dans les faits, l'économie annoncée ne se matérialise pas, cela peut être qualifié de pratique commerciale trompeuse au sens de l'article L121-1 du Code de la consommation. C'est un point qu'il faut documenter précisément (devis, promesses écrites, factures avant/après) si les choses tournent mal. |
Ce qu'il faut faire, concrètement, si vous êtes dans cette situation |
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Le point de vigilance en amont, pour ne jamais en arriver là |
Avant de signer quoi que ce soit : |
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Comme toujours, ceci n'est pas un conseil juridique personnalisé — chaque situation a ses spécificités. Mais connaître ces mécanismes avant de signer, ou dès les premiers signes de dérapage, change complètement le rapport de force. |